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  • : Réagir : S'opposer activement à l'action de qqch, résister. La devise issue de la révolution française "Liberté, Egalité, Fraternité" étant de plus en plus mise à mal, ce blog est un moyen pour moi de faire partager mes réactions sur l'actualité politique, sociale, etc.
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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 18:52

Par Patrick Le Hyaric - L'Humanité

 

Ce devait être un soir de fête et c’est devenu un jour d’effroi. Après Paris, Istanbul, Orlando, Bamako, Bruxelles ou Bagdad, la furie terroriste s’est abattue sur Nice. Elle a broyé des dizaines d’existences, certaines à l’aube de la vie, mutilé des corps, inscrivant à jamais dans les esprits des images d’une indicible horreur.

 

Une nouvelle fois, la France est en deuil. Les circonstances du crime et les motivations de cet assassin restent trop floues pour en tirer toutes les conclusions. L’incertitude qui règne sur cet odieux attentat nous plonge dans une angoissante perplexité. Pourtant, il nous faut comprendre pourquoi l’histoire redevient tragique.

 

La revendication tardive de cette innommable atrocité par Daech ne nous informe pas sur ses raisons profondes. Elle nous dit cependant que le terrorisme fanatique est bien ce décor obscur dans lequel se meuvent des fanatiques, des âmes errantes, des petites frappes frustrées, d’imbéciles voyous prêts, pour des raisons diverses, à devenir des assassins de masse sans le début d’un frémissement de conscience. Il s’agit d’une incontestable victoire de cette franchise du crime qui parvient à activer dans différents endroits du globe des pulsions meurtrières aussi cruelles qu’imprévisibles.

 

Depuis le 7 janvier 2015, la menace terroriste s’inscrit dans notre quotidien. Elle frappe désormais en dehors de la région capitale, comme s’il fallait partout s’habituer au carnage, comme s’il fallait renouveler sa peine à échéance régulière. Là se situent peut-être l’horreur véritable et l’ultime dessein du terrorisme : la banalisation d’une épouvante qui prêterait le flanc aux réflexes les moins raisonnés, à la recherche de la fragmentation, de la division de la société, ouvrant la voie au triomphe de l’abominable secte des égorgeurs, coupeurs de têtes, lanceurs de bombes et de camions fous.

 

Il va donc falloir raisonner, penser, peser les mots et les images pour se défier de la haine qui trouve dans ces circonstances un terreau si fertile. Il va falloir le faire en résistance aux assassins comme à ceux qui les inspirent. Le faire contre les tentations qui s’expriment dans notre société de baisser pavillon sur les valeurs universelles de liberté, d’égalité et de fraternité, justement fêtées ce soir de 14 Juillet par les victimes de l’attentat.

 

Inutile de cacher l’ampleur du défi. Le terrorisme fanatique, et les formes mutantes qu’il endosse, risque d’être une donnée du monde qui vient s’il continue cette course folle.

 

La sécurité intérieure est donc une grande question, un grand défi pour toutes celles et tous ceux qui ont légitimement à cœur d’être protégés et de préserver, de faire fructifier nos libertés individuelles et collectives, nos moments de communion. L’état d’urgence ne l’aura pas permis. Il ne permettra pas plus aujourd’hui de répondre à ce nouveau type de terrorisme, dont seuls des démagogues politiciens prétendent pouvoir à tous les coups prévenir les horribles méfaits.

 

Comment donc faire pour que nos larmes ne deviennent pas des larmes d’impuissance réitérées à chaque coup porté ? Voilà des questions que les progressistes et humanistes auraient grand tort de laisser en jachère ou à une droite engluée dans une nauséabonde surenchère avec son extrême.

 

Misons sur une action internationale résolue pour assécher les réseaux et organisations terroristes et pour encourager partout les forces démocratiques et progressistes, pour un codéveloppement solidaire et durable, pour des mesures de sécurité intérieure efficaces, garantissant toutes les libertés, et la promotion d’une société de partage et d’égalité. Ce sont là d’indissociables directions que devrait prendre l’action publique, associées à une nécessaire mobilisation solidaire de toute la société et des citoyens.

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