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  • : Réagir : S'opposer activement à l'action de qqch, résister. La devise issue de la révolution française "Liberté, Egalité, Fraternité" étant de plus en plus mise à mal, ce blog est un moyen pour moi de faire partager mes réactions sur l'actualité politique, sociale, etc.
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6 octobre 2015 2 06 /10 /octobre /2015 01:57

Un DRH d'Air France bousculé et qui s'est fait arracher sa chemise, cela engendre dans les médias des cris d'orfraie. Dans le 20 heures de Pujadas, un reportage a même fait état d'un dirigeant s'échappant en "haillons". Oui la violence est toujours regrettable, mais la première violence n'est-elle pas celle de la direction d'Air France avec cette violence des licenciements annoncés. Les salariés licenciés vont perdre bien plus que leur chemise, mais cela n'émeut pas les médias, pas plus que Valls ou Macron.

 

Le plan d'Air France c'est pourtant la suppression de 300 postes de pilotes, 900 postes d'hôtesses et stewards et 1700 postes de personnel au sol. Et combien a touché Air France pour le CICE (Crédit Impôt Compétitivité Emploi) ? 66 millions d'euros en 2014 !

 

Comme le disait Jaurès « Tandis que l'acte de violence de l'ouvrier apparaît toujours, la responsabilité meurtrière des capitalistes, elle, se dérobe. »

 

Voici un extrait de l'intervention de Jean Jaurès lors d'un débat avec Clemenceau 
à la Chambre des députés le 19 juin 1906, suite à un conflit social très violent à Fressenneville dans la Somme.

 

« Quand on fait le bilan des grèves, quand on fait le bilan des conflits sociaux on oublie étrangement l’opposition de sens qu’il y a dans les mêmes mots pour la classe patronale et pour la classe ouvrière. Ah, les conditions de la lutte sont terriblement difficiles pour les ouvriers ! Oui, la violence pour eux c’est chose visible. Oui, la violence, c’est chose grossière… palpable, saisissable chez les ouvriers : un geste de menace, il est vu, il est noté. Un acte de brutalité, il est vu, il est retenu. Une démarche d’intimidation est saisie, constatée, traînée devant les juges. Le propre de l’action ouvrière dans ce conflit, lorsqu’elle s’exagère, lorsqu’elle s’exaspère, c’est de procéder, en effet, par la brutalité visible et saisissable des actes. Ah ! Le patronat n’a pas besoin, lui, pour exercer une action violente, de gestes désordonnés et de paroles tumultueuses ! Quelques hommes se rassemblent, à huis clos, dans la sécurité, dans l’intimité d’un conseil d’administration, et à quelques-uns, sans violence, sans gestes désordonnés, sans éclat de voix, comme des diplomates causant autour du tapis vert, ils décident que le salaire raisonnable sera refusé aux ouvriers ; ils décident que les ouvriers qui continueront la lutte seront exclus, seront chassés, seront désignés par des marques imperceptibles, mais connues des autres patrons, à l’universelle vindicte patronale. Cela ne fait pas de bruit ; c’est le travail meurtrier de la machine qui, dans son engrenage, dans ses laminoirs, dans ses courroies, a pris l’homme palpitant et criant, la machine ne grince même pas et c’est en silence qu’elle le broie. »

 

Si cela pouvait nous ammener à réfléchirr sur le fonctionnement de notre société.

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Published by jco - dans Notes social
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