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6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 18:43

La BCE a mis Athènes sous pression en privant ses banques d’un important canal de financement. Le nouveau ministre grec des Finances rencontre aujourd’hui à Berlin son homologue allemand pour plaider une renégociation de la dette de la Grèce.

 

La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé mercredi soir qu’elle n’accepterait plus les obligations d’Etat grecques en garantie pour l’accès des banques à ses opérations de refinancement. Les banques grecques ne disposent donc plus que de la facilité de liquidité d’urgence (ELA) de la banque centrale nationale pour se fournir en liquidités.


Les banques grecques ont obtenu le feu vert pour accéder en cas de besoin à 10 milliards d’euros de financements d’urgence supplémentaires, a déclaré jeudi un responsable gouvernemental, ajoutant qu’Athènes n’entendait céder à aucun chantage.


Le responsable gouvernemental a estimé que la décision de la BCE visait à accroître la pression sur toutes les parties impliquées dans les discussions. "La Grèce n’a l’intention d’exercer aucun chantage sur qui que ce soit et elle ne cèdera à aucun chantage", a-t-il ajouté. "La décision de la BCE (...) est un acte de pression politique visant à ce qu’un accord soit conclu rapidement."

 

Yanis Varoufakis, ministre grec des Finances, est reçu ce jeudi en fin de matinée par son homologue allemand Wolfgang Schäuble, l’un des plus ardents défenseurs de la rigueur budgétaire en Europe. Le déplacement du ministre des Finances grec dans la capitale allemande, premier échange bilatéral direct entre Berlin et Athènes depuis l’arrivée au pouvoir du leader de la gauche radicale ant-austérité Alexis Tsipras, constitue la dernière étape d’une tournée par les nouveaux dirigeants grecs auprès de leurs partenaires européens.

 

Athènes cherche à renégocier sa dette de plus de 300 milliards d’euros et assouplir la cure de rigueur drastique qui lui été imposée par ses créanciers, notamment européens, en échange de l’aide internationale.

 

M. Varoufakis espère obtenir le soutien des Allemands, en dépit des relations jusqu’à présent glaciales du nouveau pouvoir grec avec Berlin qui s’est déclaré très hostile aux demandes d’Athènes. "Je pense que parmi tous les pays en Europe, les Allemands sont ceux qui comprennent le mieux cette information simple", a expliqué M. Varoufakis sur la chaîne publique ARD. "Quand on humilie trop longtemps une nation fière (...) sans lumière au bout du tunnel, cette nation a un moment donné est en ébullition", a-t-il ajouté dans une référence indirecte à la crise des années 30 qui avait porté Hitler au pouvoir en Allemagne.


Mais la BCE a porté un coup à la position grecque mercredi soir. L’institution monétaire de Francfort a annoncé qu’elle suspendait à compter du 11 février un régime de faveur accordé jusqu’ici aux banques grecques, qui leur permettait d’emprunter de l’argent auprès de la BCE avec des garanties inférieures à ce qu’elle exige habituellement.


L’annonce de la BCE a fait l’effet d’une bombe sur les marchés financiers. L’euro a fortement accusé le coup face au dollar, passant sous 1,14 dollar. Le taux d’emprunt de la Grèce est repassé jeudi au dessus de la barre des 10% à l’ouverture du marché obligataire en zone euro, et les Bourses européennes étaient en baisse alors que celle d’Athènes perdait plus de 5% en milieu de matinée.

 

Le ministère grec des Finances a cherché à atténuer l’impact de la décision de la BCE, en assurant qu’elle n’aurait "pas de répercussions négatives" sur le secteur financier du pays qui reste "totalement protégé" grâce aux autres canaux dont il dispose pour se procurer des liquidités. "La liquidité et le financement du système bancaire grec sont assurés et il n’y a donc pas de raison de s’inquiéter", a renchéri jeudi matin le porte-parole du gouvernement, Gabriel Sakellaridis, cité sur la télévision Mega.

 

Il a estimé que la décision de la BCE constituait "un moyen de pression politique au moment où une consultation à tous les niveaux se développe" autour de la question de la dette grecque. "Il faut qu’il y ait une volonté de discuter, de trouver un terrain d’entente pour conclure de nouveaux accords" entre la Grèce et ses partenaires, a plaidé le porte-parole, répétant qu’Athènes voulait un "accord transitoire" lui ouvrant une période durant laquelle pourraient se tenir de "réelles discussions" sur l’avenir de la dette.

 

L’institution monétaire européenne a envoyé ce coup de semonce à Athènes quelques heures après une visite de M. Varoufakis, venu en personne à Francfort demander au président de la BCE Mario Draghi de quoi "garder la tête hors de l’eau" le temps de s’entendre avec ses partenaires européens.


Mais M. Draghi, peu accommodant, lui a demandé de "négocier rapidement et de manière constructive" avec ses partenaires de l’Eurogroupe afin d’assurer "la stabilité financière" de la Grèce, selon une source à la BCE.

 

La disposition suspendue par la BCE permettait aux banques grecques d’emprunter des fonds pour financer des achats d’obligations grecques, et donc indirectement à l’Etat grec de lever de l’argent. Elle était conditionnée au programme d’aide dont bénéficie Athènes jusqu’à fin février.

 

Mais "il n’est pas possible à l’heure actuelle d’anticiper une issue positive" de ce programme d’aide, a expliqué la BCE dans son communiqué. En d’autres termes, elle réclame de la clarté sur le devenir du programme -les réformes lancées vont-elles êtres menées à bien ? Que se passera-t-il après fin février ?- avant de rouvrir ce robinet.


Le coup de semonce de la BCE survient alors que M. Tsipras s’est dit mercredi à Bruxelles "très optimiste" sur la possibilité de "trouver une solution viable pour notre avenir". Il a proposé un plan de réformes et de financement sur quatre ans (2015-2018), a indiqué une source gouvernementale à Athènes.

HUMANITE.FR
Fabrice SAVEL

Un organisme non élu contre le vote d’un peuple. La BCE fait le coup de force contre la Grèce

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